- Le FN peut-il faire basculer le conseil général à gauche ?

Publié le 27 Janvier 2011

Pour les élections cantonales de mars, beaucoup s’attendent à voir le Front national enregistrer des scores importants dans la Loire. Les candidats de l’actuelle majorité départementale risquent d’en faire les frais.

Lors des élections cantonales de 2004, le Front national avait réalisé de bons scores. Il avait même réussi à être présent au second tour dans trois cantons (Saint-Bonnet-le-Château, Saint-Chamond Nord et Sud). En mars prochain, l’hypothèse de retrouver le Front national au second tour sera plus difficile.

En effet, pour décrocher son ticket pour le deuxième tour, les candidats devront désormais atteindre les 12,5 % des électeurs inscrits, à l’issue du premier tour, au lieu de 10 % auparavant.

Malgré tout, beaucoup s’attendent à des scores importants du Front national, avec l’effet Marine Le Pen, même si sur le fond, rien ne change. Les élus sortants sont conscients du phénomène. Quelle que soit la campagne qu’ils mènent pour être élus au conseil général, ils savent qu’en face d’eux les candidats frontistes feront de bons scores en faisant le minimum.

Dans le canton de Saint-Chamond Sud, le socialiste Marc Lassablière a été confronté à une triangulaire en 2004 avec un Front national à 22,49 % au premier tour, pour terminer à 17,81 % au deuxième tour. « Je ne crains pas plus le Front national cette fois-ci que d’habitude », souligne Marc Lassablière. « Les électeurs qui votent Front national le font par rejet. Mais il faut qu’ils regardent derrière ce qu’il y a. Et il n’y a pas de solutions à leurs problèmes ».

Le premier secrétaire fédéral du PS et candidat dans le canton de Saint-Etienne Nord-Est 1, Régis Juanico observe que « la Loire est un département où il y a une forte poussée du Front national depuis des années. C’est la conséquence de la crise ». Pour le prochain scrutin cantonal, Régis Juanico estime que « la situation actuelle n’est pas favorable au gouvernement et à la droite. Le danger pèse sur la droite qui risque, dans certains cas, de ne pas être présente au second tour ».

À droite, justement, Jean-Jacques Rey, candidat dans le canton de Saint-Etienne Sud-Est 3, ne cache pas sa crainte de voir une nouvelle fois le FN progresser. Il ne l’accepte pas. « Sur le terrain, je ne croise jamais le candidat du Front national. De toute façon, les candidats du FN déclinent des thèses nationales qui n’ont rien à voir avec le conseil général. Moi, je parle des compétences du conseil général qui peuvent apporter des solutions aux problèmes des gens ». Et Jean-Jacques Rey de marteler que « voter Front national, ça ne sert à rien ».

Dominique Goubatian le progrès