- Laurent Joffrin répond aux accusations de Marine Le Pen

Publié le 27 Juin 2011

Marine Le Pen veut expliquer la vigueur avec laquelle je me suis exprimé sur France 2 par des liens familiaux anciens que je voudrais en quelque sorte expier en dénonçant son programme. Trois réponses :

- Les liens de mon père avec Jean-Marie Le Pen sont connus de longue date. Ils ont été racontés dans nombre d’articles et de livres. Je n’y puis, à vrai dire, pas grand-chose. Depuis plus de quarante ans, j’ai des idées opposées à celles de mon père, qui reste néanmoins mon père. Cela arrive…

- J’ai rencontré deux ou trois fois Jean-Marie Le Pen dans les années 70, dont une fois en vacances, quand il était un personnage plutôt marginal. J’étais jeune journaliste, tout m’intéressait. C’est un métier où l’on rencontre toutes sortes de gens. J’ai ainsi parlé, dans ma carrière, avec des terroristes, des braqueurs, des apparatchiks staliniens en Pologne ou en Chine, un trafiquant de drogue au Mexique. J’ai aussi parlé avec Jean-Marie Le Pen. Cela n’impliquait aucune sympathie pour ses idées, que j’ai toujours détestées. Et pour cause : je suis entré au PS en 1971 pour en sortir quand je suis devenu journaliste, huit ans plus tard. J’ai ensuite travaillé, trente ans durant, pour deux journaux : Libération et le Nouvel Observateur, qui ont toujours rejeté les idées du Front national.

- La vraie discussion, on en conviendra, porte sur le projet du Front national, dont je maintiens, sans m’énerver, qu’il n’est pas républicain. Je suis prêt à en reparler avec Madame Le Pen quand elle le souhaitera.

Le Nouvel Obs