- La Convention UMP sur la Défense élude la question budgétaire…

Publié le 21 Septembre 2011

Communiqué de Presse de Jean-Yves WAQUET
Responsable du CAP Défense du Front National

L’UMP a tenu hier sa Convention sur la Défense. Parmi les vingt-neuf propositions émises, d’ordre général, telle que celle sur l’obligation  « d’allégeance aux armes » de tous les jeunes Français à leur majorité, aucune proposition concrète ne répond à la question essentielle et cruciale qui se pose à la Défense aujourd’hui, à savoir comment remédier au décalage budgétaire qui se creuse entre les objectifs et les moyens financiers accordés.

En effet ce sont plus de 20 milliards qui manqueront pour atteindre les objectifs de la programmation sur la période 2012-2020. Les retards accumulés ont été encore aggravés récemment  par les coupes budgétaires imposées par le gouvernement UMP. Ce sont ainsi 3,6 milliards d’Euros qui ont été supprimés en 2010 sur les trois ans à venir, malgré une hypothétique compensation partielle par des « recettes exceptionnelles » et plus récemment, 225 millions d’Euros de crédits budgétaires qui ont été annulés pour régler la moitié de l’amende liée à l’affaire des Frégates de Taïwan.

Or la réalisation de cette programmation est cruciale pour le renouvellement d’un grand nombre d’équipements qui arrivent en fin de vie, que ce soient les véhicules de l’avant blindés de l’Armée de terre, les patrouilleurs hauturiers et de souveraineté pour la Marine, les avions de transports et les ravitailleurs de l’Armée de l’air. Il faut également combler nos faiblesses dans le domaine des drones et celui des hélicoptères lourds, sans parler de l’incohérence de ne pas disposer d’un deuxième porte-avions pour maintenir la permanence de notre groupe aéronaval.

Les crédits de fonctionnement sont par ailleurs insuffisants pour assurer un maintien en condition opérationnelle des matériels avec un taux de disponibilité satisfaisant et pour garantir le niveau souhaitable d’activité et d’entraînement des forces nécessaire à leur préparation opérationnelle.

La réalité c’est donc que notre outil de défense est aujourd’hui à la limite de la rupture et qu’il est impératif de réagir pour le sauver. Il faudra pour cela faire un effort budgétaire raisonnable mais nécessaire, alors que le pourcentage du PIB consacré à la Défense n’a cessé de baisser, y compris depuis 2002. La question essentielle est celle de la volonté politique de faire cet effort pour maintenir un système de forces cohérent et permettant à notre pays de garder son autonomie stratégique, sa liberté de décision et d’action, en clair de garantir sa souveraineté.