- Article du Progrès du 24/04/12 : Sophie Robert - Secrétaire départementale FN. Les campagnes ont peur de perdre leur identité

Publié le 24 Avril 2012

Les campagnes ont peur de perdre leur identitéarticle payant[LOIRE] SEULEMENT DANS LES VILLAGES, MARINE LE PEN AMPLIFIE LE SCORE DE SON PERE EN 2002

Analyse. La ligne de front de Marine Le Pen ne s’arrête pas dans les campagnes de la Loire. Avec 21,55 % des suffrages, la Loire demeure un terreau frontiste.

Elle hausse le front, Marine le Pen ! Particulièrement dans les campagnes.

Comme partout en France, dans la Loire, c’est dans les villages que la candidate frontiste enregistre des scores records et arrive très largement en tête. Avec la palme absolue pour La Valla-en-Gier.

Cette commune de 912 habitants a plébiscité le Front national à 39,15 % ! Soit plus du double de son score national (17,9 %). Et 9 points de plus que son père le fameux 21 avril 2002 (30,44 %). Même avec les suffrages du Mouvement national républicain de Bruno Mégret (4,65 %), il y a dix ans, l’extrême droite n’atteignait pas un tel résultat.

Cette petite commune du Gier ne fait pas exception dans le paysage rural ligérien. Ce 22 avril 2012, une vague bleu marine s’est abattue aussi, dans le Roannais à Combre (37,2 %), Sainte-Colombe-sur-Gand (32,56 %), Saint-Polgue (31,47 %), mais aussi dans le Forez à Margerie-Chantagret (33,90 %), Débats-Rivière d’Orpra (31,31 %)… Autant de localités qui recèlent au moins trois points communs : toutes avec moins de 1 000 habitants avaient déjà classé bon premier Jean-Marie Le Pen en 2002 et ont connu un reflux du FN en 2007, grâce au « hold-up » de l’électorat frontiste par Nicolas

Sarkozy.

Pourquoi ces bourgades roulent-elles à nouveau de front pour Le Pen ? Sans doute, la campagne de la leader frontiste a payé avec ses accents sur la ruralité dénonçant l’insécurité et la disparition des services publics dans les petites communes.

De quoi peut-être expliquer aussi que cette stratégie n’ait pas remporté le même écho en zone urbaine. Dans les

grandes villes de la Loire, comme dans ses homologues hexagonales, Marine Le Pen mollit par rapport aux résultats de 2002. À l’instar de Saint-Etienne, où elle perd près de 3 points (17,65 %).

Mais si elle ne relève pas le front sur l’ensemble de la Loire (21,55 %) elle ne le courbe pas non plus par rapport à son père (21,67 %). Le département demeure un terreau frontiste avec des scores bien supérieurs à l’ensemble de l’Hexagone (17,9 %).

 

Véronique Miot

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Sophie Robert - Secrétaire départementale FN. Les campagnes ont peur de perdre leur identité

>> Comment expliquez-vous les forts scores obtenus en zone rurale ?

Parce qu’on y trouve des gens de bon sens, qui travaillent. Et beaucoup d’agriculteurs, déçus par la droite et la

gauche qui ont signé les traités de la Politique agricole commune ne laissant aucune marge au patriotisme économique.

>> Pourquoi le programme de Marine Le Pen séduit-il ?

Les campagnes se désertifient : il n’y a plus ni commerces, ni services publics, ni médecins. Tout devient plus difficile. Marine a su redonner de l’espoir : celui de retrouver une autonomie pour faire revivre tous les territoires français.

>> La campagne est aussi un secteur « protégé » ?

Une mère de famille ne se sent plus en sécurité à Saint-Etienne ou Roanne après 18 heures. Les villes sont sales.

Ces images de gamins, à quatre sur le même scooter, sans casque, sont insupportables. Il n’y a plus aucun respect. Le public est conscient de cette crise morale,

due au manque de civisme d’une catégorie de la population qui ne s’est pas intégrée. Les gens des campagnes ont cette peur de ne plus avoir d’identité.

>> Le vote FN est-il toujours «contestataire» comme certains le prétendent ?

Non. Ce n’est plus du tout le cas. On a des gens qui choisissent et s’affichent. D’où un sentiment mêlé. Nous sommes contents de notre score, surtout dans la Loire. Mais nous sommes amers : allons_nous devoir encore supporter cinq ans cette situation ?