Publié le 20 Février 2015

Denis Tillinac : "L'imposture des valeurs républicaines"

"Depuis les attentats du mois dernier à Paris, l’invocation aux “valeurs républicaines” tourne au moulin à prières. Gauche et droite s’en gargarisent pour légitimer leur mise au rebut du FN.

Tous les éditos, tous les sermons politiques soulignent la nécessité de resserrer les rangs sur les “valeurs républicaines”, talisman pour nous prémunir du communautarisme, panacée pour forger l’armature morale de notre jeunesse. Or, n’en déplaise à la gent prédicatrice, les “valeurs républicaines”, ça n’existe pas. On confond indûment valeur et principe.

L’honneur, la liberté, l’altruisme, le courage, la probité, la pudeur, l’équité, le respect de soi et d’autrui, la bonté, le discernement, la générosité sont des valeurs, et il serait opportun qu’on les inculquât à l’école. À la fois universelles et modulées par la culture de chaque peuple, elles ne sauraient être l’apanage d’un régime politique déterminé.

Elles sont aussi enracinées dans les monarchies européennes que dans notre République. Les sujets de Sa Majesté la reine d’Angleterre jouissent de la même liberté que les citoyens français. Ceux des républiques d’Iran, du Soudan, du Pakistan ou de l’ancien empire soviétique en sont privés. Bref, le mot “république” ne recèle en soi aucune “valeur”, et en conséquence il n’a pas la moindre vertu morale.

Notre attachement à la Marseillaise ne doit pas occulter dans notre imaginaire collectif l’oeuvre patiente des Capétiens, des Valois et des Bourbons. Faute de quoi la promotion d’inexistantes “valeurs républicaines” se résumerait à une propagande sectaire visant à éradiquer nos racines.

À cet égard, le baratin ambiant sur “l’esprit du 11 janvier” inspire quelque suspicion. Le pouvoir socialiste a usé et abusé de l’émotion populaire pour se refaire la cerise. C’est de bonne guerre, et la droite a donné dans le panneau d’une “unité nationale” téléguidée par des idéologues à l’enseigne de “Je suis Charlie” et pimentée à la “laïcité”, autre principe (louable) confondu avec une valeur.

Ces confusions sont pernicieuses, et pas forcément innocentes. Ce qui manque à tous les étages de la société française, depuis l’école jusqu’aux “élites”, c’est bel et bien une architecture morale reposant sur un socle de valeurs. Des vraies. Les velléités pédagogiques que l’on voit poindre ici et là ne s’y réfèrent nullement, on n’y distingue en filigrane qu’un catéchisme “républicain” de gauche, autant dire une fiction maquillant un déni de mémoire à des fins bassement partisanes. Rien de probant n’en résultera.

Dans une société aussi matérialiste, où tout incite la jeunesse à ne convoiter que des choses consommables, où les politiques nous parlent exclusivement de taux de croissance, où la vulgarité médiatique menace d’engendrer des fauves amoraux, amnésiques et avides, il serait urgent de renouer avec les valeurs cardinales. Elles ont toutes en commun une exigence d’élévation, comme c’était le cas dans toutes les civilisations quand les modèles du saint, du héros ou du sage équilibraient les pulsions inhérentes à la nature humaine. Aussi longtemps qu’on mettra la barre des aspirations à l’altitude zéro du mercantilisme, “républicain” ou autre, on lâchera dans une jungle sans foi ni loi des êtres intellectuellement, psychiquement, spirituellement invertébrés. Et on verra surgir de partout des candidats au djihad." Denis Tilinac

Article paru dans Valeurs Actuelles.

Publié le 20 Février 2015

Duel FN-PS : Fillon voterait PS "sans hésiter"

François Fillon a déclaré jeudi qu’il voterait « bien sûr, sans aucune hésitation » pour le PS en cas de duel PS-FN au second tour de l’élection présidentielle, contrairement à la législative dans le Doubs où il n’y avait « aucun danger pour la République. » « À une élection présidentielle, si ce qui était en jeu, c’était les valeurs de la République, bien entendu, sans aucune hésitation. Et j’espère bien que le candidat de la gauche appellerait à voter pour le candidat de la droite dans la même circonstance » a répondu l’ancien Premier ministre sur BFM TV à la question de savoir pour qui il voterait en cas de duel FN-PS au second tour d’une présidentielle.

François Fillon parle de "valeurs républicains". Dans l'article qui suit, vous pourrez lire l'article de Denis Tilinac qui dénonce justement l'imposture que représentent ces valeurs républicaines !

Publié le 20 Février 2015

Jean-Marie Le Pen : « Toute communauté qui a une aile terroriste finit par lui obéir »

« Le gouvernement par la terreur, c’est malheureusement notre pays qui en a donné l’exemple, pendant la grande révolution française. [...] Robespierre en appelait à la Terreur pour gouverner, c’est nous qui avons inventé le mot, pratiquement, et le gouvernement terroriste. [...] Les gens qui guillotinaient à tours de bras leurs adversaires étaient en effet des criminels, comme ceux qui … les décapitent aujourd’hui. »

« Je tiens aussi quand même, peut-être comme Chauprade, que, historiquement, toute collectivité, toute communauté, qui a une aile terroriste finit par lui obéir. » Jean-Marie Le Pen, RTL, 19 février 2015

Publié le 19 Février 2015

Publié le 18 Février 2015

Alain Finkielkraut : "Il faut que les musulmans commencent un véritable examen de conscience, plutôt que de se poser perpétuellement en victimes !"

Finkielkraut : "La haine du juif est aujourd'hui dans l'air du temps et hier, dans l'édition datée du 17 février, Le Monde publiait un article de Marion van Rethergem qui retraçait l'histoire d'une famille juive sur trois générations : la grand-mère rescapée des camps, sa fille, et ses petites-filles qui refusent de dire qu'elles sont juives à l'école de peur, disent-elles, de se faire exploser par leurs camarades musulmans."

A ce moment-là, Jean-Jacques Bourdin coupe M. Finkielkraut en bon suppôt du régime ultralibéral, il refuse l'opposition entre juifs et musulmans :

Bourdin : "On ne va pas rentrer dans ce face-à-face juif-musulman !"

Finkielkraut : "(...) Il n'en reste pas moins que la montée de l'antisémitisme en Europe a à voir avec ce changement de population !"

Finkielkraut : "Il faut que les musulmans commencent un véritable examen de conscience, plutôt que de se poser perpétuellement en victimes ! Bien entendu, il faut que le racisme anti-musulman soit combattu sans relâche, mais il faut qu'ils cessent de se présenter comme les premières victimes de ce qu'il se passe. Les premières victimes ce sont les victimes : en l'occurrence des caricaturistes, des journalistes ou des juifs !"

Notons tout de même dans cette dernière phrase que Monsieur Finkielkraut qui, jusque-là, parlait vrai, omet de parler des victimes chrétiennes des musulmans.