"Manès, oh les belles batailles !"

"Manès, oh les belles batailles !"

On nous a vendu Alep comme la grande atrocité. Tuerie sans nom, catastrophe humanitaire sans précédent, combats sans limites. Un déluge abominable de bombes des armées russes et syriennes, les grands fautifs irresponsables et impitoyables, face aux "rebelles" dressés contre Bachar, les civils mourant par milliers sous une tempête aveugle d'un acier incapable de discerner ses cibles.

 

On nous propose la magnifique bataille de Mossoul. Difficile reconquête d'un territoire soumis aux lois des islamistes radicaux, exaltant les valeureux combattants irakiens avec l'appui inconditionnel des forces américaines. Là, les bombes font le tour, elles ne tombent que sur des objectifs sélectionnés, détournant leur trajectoire mortelle en plein vol pour n'atteindre que les vilains barbus, évitant les populations apeurées qui fuient dans les bras accueillant de leurs sauveurs.  

 

On nous raconte un monde manichéen, où les forces de la lumière livrent des combats merveilleux et admirables, totalement justifiés et porteurs de paix future. On nous dit que les forces de la nuit écrasent sans honte les populations, ayant pour seul dessein la destruction et la mort. 

 

On nous raconte n'importe quoi, pour autant que cela serve les intérêts de la bonne pensée médiatico-politique occidentale. Les méchants sont dénoncés, les gentils valorisés, le monde est bien lisible. De rares victimes d'un glorieux combat d'un côté, de l'autre une hécatombe de pauvres gens décimés honteusement.

 

Non merci. Non. Les batailles, quelque soit la guerre, ne sont jamais belles. En déformer le récit à des fins idéologiques n'est pas respectable. Expliquez-nous, vous, les grands faiseurs d'opinion, ce qui est plus admirable du Blitz de septembre 1940 sur Londres ou du bombardement de Dresde de février 1945...

 

Louis B.